Naples, toute une histoire

Occupations grecque, angevine puis domination espagnole ont magnifié le royaume de Naples. J’avais déjà admiré les incontournables que sont la cathédrale avec les fameuses reliques de San Gennaro, l’époustouflant Pallazo Reale et la chartreuse baroque de San Martino que l’on atteint par le funiculaire sur la colline du Vomero.

J’avais envie de voir l’invisible, à commencer par la Naples souterraine. Au départ de la Place San Gaetano, le guide nous entraîne le long des aqueducs sous la vieille ville, au travers d’étroits passages que l’on arpente une bougie à la main. La beauté des vestiges grecs et romains subjugue, l’intelligence des constructions aussi. Claustrophobes s’abstenir ! Mais quel plaisir d’échapper durant une heure à la chaleur écrasante de la ville.

En bord de mer, rendez-vous au Borgo Marinaro où trône l’imposant Château Neuf. Le mélange d’architectures médiévale, gothique et Renaissance ne laisse pas indifférent. Et le petit port qui l’entoure permet de délicieux instants de repos.

L’exception culturelle napolitaine

Napoli, c’est d’abord une ambiance et un chaos organisé. Enfilez de bonnes chaussures et n’envisagez surtout pas de conduire. Scooters et voitures sont rois sur la chaussée comme sur les trottoirs. Pour se faire remarquer, le touriste n’a qu’à s’arrêter au feu rouge… Le klaxon est ici un véritable outil de communication entre automobilistes et piétons. Tendez bien l’oreille avant de traverser. Le voyage a vraiment commencé.

Passée la stupeur, je me suis engagée dans Spaccanapoli. C’est le Vieux Naples aux escaliers et ruelles encombrées, avec le linge suspendu entre les maisons. On y entend parfois parler la langue napolitaine que les Italiens même ne comprennent pas. Il faut y voir Santa Chiara, son couvent, son jardin d’agrumes et la piazza del Gesù Nuovo.

Un peu comme à Rio, les quartiers populaires dits espagnols s’étendent à flanc de collines. Contrairement aux rumeurs et malgré l’influence discrète de la Camorra, je m’y suis sentie comme dans un village. Il y a peu de touristes pourtant les échoppes et ateliers autour du cuir ou des métaux sont tout à fait charmants. Comme dans un film de Visconti, on frissonne car c’est là qu’est le cœur de Naples.

Shopping et gastronomie à Naples

On peut séjourner à Naples à un prix abordable. Une chambre double dans le centre historique nous a coûté 300 € pour 5 nuits, petit-déjeuner compris. Le choix est vaste et la formule B&B semble très bien fonctionner.

Ah ! La cuisine napolitaine : sfogliatella (pâtisserie à la ricotta), fusilli a la napoletana, limoncello (liqueur de citron) et bien sûr la fameuse Margherita. Gourmands, ne pas s’abstenir. On peut déguster d’excellentes pizzas pour 5 à 10 €, notamment chez Gino Sorbillo sur la via Tribunali. L’occasion de musarder chez les fabricants de santons ou de se balader au Lungomare, devant les élégantes et luxueuses boutiques de l’avenue Chiaia.

Pompeï, émotion grandeur nature

On la connaît mais l’histoire de Pompeï vous frappe de plein fouet à chaque fois. Ne la visitez pas sans guide. La cité ensevelie sous les cendres du Vésuve pendant quinze siècles livre des trésors inoubliables, des fresques aux latrines, des échoppes aux thermes, des jardins coquins à l’ancêtre du passage piéton. Sans compter l’émotion que l’on peut ressentir devant le corps statufié d’une mère recroquevillée pour protéger son enfant pendant l’éruption. Il faudrait plusieurs jours pour tout voir et j’y retournerai, c’est sûr.