Le Pays Cathare, lieu d’une fabuleuse épopée médiévale

Le pays divague entre Aude, Ariège et Haute-Garonne. Du grec catharos qui signifie « pur », son nom est l’héritage du combat mené par la papauté contre certains chrétiens rejetant tous les sacrements de l’Église en place. Ils furent surnommés « parfaits » par les catholiques et considérés comme hérétiques.

De Toulouse à Béziers, l’inquisition poussera les valeureux Cathares (ou Albigeois) à se retrancher dans les forteresses disséminées sur les terres occitanes. Au terme d’un siècle de croisade successivement dirigée par l’Eglise puis par le Roi Philippe Auguste, le « dernier des parfaits » sera brûlé vif en 1321.

Près d’une vingtaine de châteaux, abbayes et villages perchés racontent cette histoire. De Carcassonne à Cucugnan (78 km) ou Foix (90 km), certains sont incontournables, d’autres moins visités suscitent de fortes émotions.

Les incontournables cathares

Au sud de l’Aude, le château de Quéribus fut le dernier des bastions cathares à rendre les armes. Perché sur la commune de Cucugnan (dont parle Alphonse Daudet dans Les Lettres de Mon Moulin), il faut le voir pour l’excellent état de conservation de sa massive architecture, de ses meurtrières et assommoirs. Sans oublier l’imprenable vue qu’il offre sur les Pyrénées, les Corbières et la Méditerranée.

À quelques kilomètres, l’immense forteresse de Peyrepertuse offre encore des enceintes, donjons et un chemin de ronde parfaitement conservés. Tout l’été, un maître fauconnier orchestre un ballet de rapaces au-dessus du château, replongeant les visiteurs ébahis dans une véritable ambiance médiévale.

Plus au nord, près de Talairan, Villerouge-Termenès force l’admiration. C’est le château fort de notre enfance, avec ses quatre tours d’angle. La visite guidée est passionnante, entre histoire du catharisme et vie quotidienne des XIIIe et XIVe siècles. C’est aussi l’endroit où périt Guilhem Bélibaste, le dernier des Parfaits. Initiative originale, une véritable gargotte médiévale proposant des mets de l’époque y attend le visiteur.

Enfin, près de Foix, s’élève Montségur. Il reste peu de traces de la forteresse d’origine mais elle constitue le symbole de cette épopée. C’est ici qu’au terme d’une année de siège, 200 « hérétiques » périrent brûlés vifs, refusant de se convertir. L’émotion est palpable devant la stèle où figurent les noms de 64 d’entre eux.

Autres aventures en Pays Cathare

Parmi les lieux à voir, retenons l’Abbaye de Fontfroide. Près de Narbonne, dans un écrin de verdure méditerranéenne, elle n’est qu’harmonie bien que l’abbatiale, le cloître, la salle capitulaire et la cour d’honneur aient été érigés entre XIIe et XVIIe siècle. Elle fut la place forte des catholiques pendant la croisade. Aujourd’hui, les producteurs d’orchidées du monde entier y exposent chaque mois d’octobre.

Il faut admirer la cité médiévale de Carcassonne magnifiquement rénovée. Au mois d’Avril, on peut y voir gratuitement le spectacle nocturne « Cathares, la croisade » racontant les dix premières années de l’épopée albigeoise.

Autres aventures à tenter : partager le quotidien des chevaliers à Quéribus (septembre) ou découvrir le tir à l’arbalète, les jeux de société médiévaux et l’haubergeonerie (tissage d’armures) aux châteaux de Lastours, le temps d’un week-end.

Les sportifs se laisseront tenter par la « Course des seigneurs » (mai), circuit à travers falaises, vignes et garrigues, toujours au départ de Quéribus.

L’hospitalité et l’histoire languedociennes méritent bien d’autres escapades. En avez-vous à partager ?