On se posait tous des questions sur sa sexualité

Lorsqu’il était étudiant en école de commerce, on sentait bien que notre fils n’était pas à l’aise dans ses relations, que ce soit avec les filles ou avec les garçons. Il se cherchait, il ne savait pas trop comment s’y prendre, comment se comporter… Il ne faisait pas de grosses bêtises, mais il sortait beaucoup, on ne savait pas exactement où ni quand il allait rentrer. Il avait bien une petite-amie, qu’il nous a présentée. Elle a mis fin à leur relation et je pense que c’est grâce à ça qu’il a compris qui il était.

L’annonce de son homosexualité a été un soulagement

Rémi m’a annoncé son homosexualité à 25 ans, un soir où j’étais chez lui. Il s’est mis à pleurer, il m’a pris dans ses bras et me l’a avoué très simplement. Dans le même temps il a changé d’orientation professionnelle, pour se tourner vers le milieu des médias, de la télé. On sent que c’est un environnement qui lui plaît, dans lequel il s’épanouit et qui l’accepte tel qu’il est.

Il m’a aussi présenté son ami, que je trouve sérieux, bien. Quand ils sont ensemble, ils sont plutôt discrets, ils ne s’affichent pas dans la rue, ne se bécotent pas dans le métro… Je trouve qu’ils ont raison, ils ont leur vie tranquille. Au quotidien, ils se partagent les tâches, ils s’organisent, ils forment un joli couple, équilibré. Aujourd’hui on trouve notre enfant plus complet, bien dans ses baskets et dans sa tête et c’est ce qui compte le plus. C’est important pour une mère de sentir son fils épanoui, heureux.

Ça ne change pas nos relations

C’est moi qui l’ai donc dit à mon mari. Au début, il n’était pas à l’aise, il avait peur des réactions, de nos proches, de sa famille, etc. Il ne savait pas non plus ce que ça allait donner, comment réagir. Mais quand on a rencontré le petit-ami de Rémi, ça a tout changé. On s’est rendu compte que c’était un garçon bien élevé, honnête, agréable. On les reçoit quand ils veulent.

Au sein de notre famille, tout le monde l’accepte aussi, l’homosexualité de Rémi ne gêne personne. Nous avons 3 garçons, chacun sa personnalité, c’est comme ça. L’important c’est qu’on reste une famille. Et puis dans la rue, nos connaissances, nos clients… on n’en parle pas forcément, on n’en fait pas l’étalage. C’est personnel et j’estime que notre intimité ne regarde que nous. Moi ça ne me choque pas, les autres on s’en fiche, on n’en parle pas vraiment, ça évite d’être confronté à des réflexions désagréables.

La sexualité de notre enfant ne regarde que lui

Je suis persuadée que pour que tout se passe bien, il faut savoir rester discret. On est bien plus préoccupé par l’avenir professionnel de Rémi. On aimerait qu’il trouve un poste plus stable, moins précaire. Quand il pourra s’épanouir dans son milieu, ce sera déjà un grand soulagement pour nous tous et on sera comblé.

Avant de travailler avec mon mari, j’étais assistante sociale. J’en ai vu des gens qui reniaient leurs enfants. Je trouve ça dommage. On ne peut évidemment pas tout accepter, comme le banditisme par exemple ou des choses extrêmes, mais des parents qui refusent de voir leur enfant parce qu’il est homosexuel, j’ai du mal à le comprendre.

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