L'Aide Sociale à l'Enfance connaît une situation de crise, jamais connue jusqu'ici. Depuis 2012, le nombre de familles d'accueil est passé de 50 000 à 45 000 dans l'Hexagone. Essentielles dans le travail de sauvetage et de reconstruction pour des enfants meurtris par la vie, les familles d'accueil sont devenus de véritables trésors, bien difficiles à trouver. 

Une véritable vocation

Pour devenir famille d'accueil, il est obligatoire d'obtenir un agrément très officilel. Celui-ci est attribué après une longue enquête, démarche parfaitement compréhensible, au regard de la responsabilité liée à cette mission toute particulière. Car c'est un travail à part entière, rémunéré par l'Etat à hauteur de 1200 euros par mois pour un enfant placé à charge et 35 jours de congés par an. Ce montant peut être complété pour palier aux diverses charges comme l'habillement ou la scolarité de l'enfant. 
C'est peut-être en partie en raison de ce salaire faible que les postulants au rôle de famille d'accueil se font rares. Car, au-delà de la responsabilité physique de l'enfant, il y a toute la dimension psychologique à gérer au quotidien, face à des enfants ayant vécu des événements traumatiques. Malgré les formations et l'appui constant de l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE), cette profession demande une grande force psychologique et beaucoup de recul.

Qui sont les assistants familiaux ?

Aujourd'hui appelés assistants familiaux, les familles d'accueil accompagnent au quotidien environ 85 000 enfants chaque année. Un chiffre qui ne cesse malheureusement d'augmenter au fil des années. Entre 2016 et 2017, une augmentation de 4,6% des ordonnances de placements a été constatée en France ! Face au recul du nombre de famille d'accueil, c'est une véritable menace pour la protection de ces mineurs, victimes de mauvais traitements ou encore de violences dans leur sphère familiale.
Dans l'immense majorité des cas, ce sont les femmes âgées de 40 à 55 ans qui obtiennent un agrément d'assistante familiale. Des femmes qui ont souvent formulé l'idée de devenir parent d'accueil depuis plusieurs années. Certains départements sont plus particulièrement touchés par le manque de familles, notamment le département du Nord. Manque de moyens, salaire précaire et charge psychologique semblent malheureusement avoir désormais raison des vocations, même les plus nobles.