Jean-Louis : « ma vie est à l’opposé de celle de mes parents ! »

« J’ai vécu ma vie sans me soucier de reproduire le schéma familial dans lequel j’ai été élevé. Aujourd’hui, à 61 ans, je peux dire que mon parcours de vie se situe… à l’opposé de celui de mes parents ! D’abord, du point de vue politique et social, je me définis comme libre-penseur et anarchiste, je n’ai donc jamais travaillé, du moins en étant déclaré, alors que pour mes parents le travail était une vertu obligatoire. Je pense tout à fait le contraire et me porte très bien de n’avoir jamais courbé l’échine face à des patrons, cela est contre mes principes. Alors que mes parents sont catholiques pratiquants, je suis athée et anticlérical, ils sont sportifs, je n’ai jamais fait le moindre sport.
Dans la famille que nous avons créée avec ma femme, nous parlons de tout, il n’y a aucun sujet tabou entre nous et avec notre fils qui a aujourd’hui 31 ans. Dans ma famille d’origine, je n’avais pas voix au chapitre. Mon mode de vie n’a pas été dicté -consciemment en tout cas- par l’envie de rompre à tout prix avec mon éducation, mais les faits sont là ! Pourtant, je ne suis pas fâché avec mes parents, je les vois peu car nous n’habitons pas la même région, et aussi parce qu’on n’a pas grand-chose à se dire, c’est comme ça. » 

Christine : « mes parents sont des modèles ! »

« Aussi longtemps que je me souvienne, mes parents ont toujours été pour moi un modèle de bonté et de générosité. Ils se sont mariés très jeunes, ma mère avait 17 ans et mon père 20 ans, et je suis l’aînée d’une fratrie de 8 enfants. J’ai toujours essayé de reproduire l’harmonie familiale dans laquelle je suis née et aujourd’hui, à 60 ans, je me dis que j’ai plutôt réussi. Tout d’abord, je me suis mariée au même âge que ma mère, j’ai voulu une grande famille, et j’ai donc eu 4 enfants. A l’instar de ma mère, j’ai consacré ma vie à l’éducation de mes enfants et je n’ai donc pas travaillé à l’extérieur de la maison. De plus, comme j’ai été élevée dans la religion catholique, j’ai transmis à mes enfants les principes du catholicisme. Je vois mes parents chaque semaine et nous partons régulièrement en vacances chez eux. Je me suis toujours considérée comme l’héritière de la tradition familiale et j’ai eu à cœur toute ma vie de transmettre ces valeurs qui m’ont construite.»   

Béatrice : « je n’ai jamais compris mes parents ! »

« Je ne voulais surtout pas reproduire le schéma de ma famille d’origine. J’ai 58 ans et j’avoue n’avoir jamais compris mes parents qui m’ont imposé une éducation très stricte. Lorsque j’étais petite ma mère me disait : «  les enfants sont faits pour être vus mais pas entendus », quelle aberration ! Evidemment, nous nous tenions à carreaux de peur de recevoir une gifle. Car mes parents nous giflaient, ce que je n’ai jamais reproduit sur mes enfants. J’ai deux enfants et je vis à Gentilly en banlieue parisienne. Comble de l’horreur pour mes parents, je suis institutrice en Seine Saint-Denis et mon époux est d’origine sénégalaise ! Mes parents, bien qu’ils le nient, sont racistes. Pour eux, il est impensable de vivre dans une ville comme la mienne, avec ses HLM et son RER. Pourtant j’y suis très heureuse et j’aime ma vie.
On pourrait croire que je déteste mes parents, mais pas du tout, je les aime malgré tous leurs défauts. Bien sûr, ma relation avec eux n’a pas toujours été simple et j’ai beaucoup souffert du regard qu’ils ont porté sur ma vie. Mais maintenant c’est fini, chacun est à sa place et je me sens bien. Quoiqu’il en soit, j’ai toujours été déterminée à m’éloigner le plus loin possible du modèle familial et je crois que j’ai réussi ! »

Et vous, qu’en est-il de votre héritage familial ? Avez-vous reproduit ou au contraire fui l’éducation et le modèle de vos parents ? N'hésitez pas à témoigner dans l'encadré "Commentaires sur l'article" ci-dessous.