Tableau d’une exposition à Paris : Georges Braque Culture

Tableau d’une exposition à Paris : Georges Braque

Emeline E.  |   Date de publication : 22 novembre 2013 09:45 / Dernière mise à jour : 7 mai 2022 20:30

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Une exposition qui suit la chronologie de l’artiste

Adoptant un parcours chronologique, la rétrospective au Grand Palais ne noie pas le regard sous des artifices scénographiques. Fauvisme, cubisme analytique, figuratif, papiers collés, cubisme synthétique… Le visiteur suit religieusement les chemins artistiques qu’a pris Braque. Après les paysages et natures mortes incandescentes de ses jeunes années fauvistes, l’artiste crée sa propre voie. Les couleurs disparaissent pour laisser place aux volumes. Toute son œuvre décrit cette quête de l’espace, de la couleur et des interactions… Pour la plupart des gens, le travail de Braque est symbolisé par les papiers collés. Mais ils ne sont qu’une parenthèse dans ses essais d’inventer une nouvelle réalité, audacieuse et éternelle. Au-delà du peintre (re-)connu, on découvre un sculpteur de chevaux, un graveur mythologique, un artiste aventurier.

Un artiste aux multiples facettes

L’œuvre de Braque est parsemée de rencontres, événements qui se reflètent dans son œuvre ou la bouleverse. A ses débuts, il est séduit par la démarche rebelle des impressionnistes. Cézanne, Matisse… sont ses sources d’inspiration. En 1907, par l’intermédiaire de son ami Guillaume Apollinaire, il rencontre Picasso accaparé alors par Les Demoiselles d’Avignon. Nouvelle révélation, il façonne le style cubiste avec le maître. Mais il préfère les paysages et natures mortes géométriques à la représentation omnisciente de corps.
Autre choc décisif dans sa vie et son œuvre, la guerre. Au début de la Première Guerre mondiale, George Braque est mobilisé. Durant « le grand carnage », il est blessé gravement et perd même la vue pendant 1 an. Il devient plus sombre, à la recherche de l’humanité ou du moins sa représentation. Son installation en Seine Maritime s’assimile à un exil. Les natures mortes, figées, austères s’accumulent. La période de la Seconde Guerre mondiale sera pesante comme le suggère "L’homme à la guitare" ou les "Têtes de mort". Musicien éclectique (flute, guitare, accordéon…), artiste total, il fréquente à Montmartre les poètes René Char, Paul Éluard ou les artistes de l’image comme Man-Ray, Nicolas de Staël.

« L’artiste n’en finit pas d’épuiser ses rêves »

Cheminer dans les couloirs du Grand Palais ne se résume pas à admirer des œuvres datées. Le visiteur perçoit les évolutions de son œuvre. Il décèle le travail compulsif de l’artiste à approcher l’absolu. Les citations qui s’égrainent sur de grands panneaux cendrés sont aussi émouvantes que la vue intime des créations. Le glissement entre les formes figuratives ou simplement suggestives vers un enchevêtrement de lignes droites et courbes révèle combien Braque est novateur. Il apprécie les arts premiers, les mythologies grecques mais représente peu les corps. Il préfère les vues d’intérieur, les natures mortes ou les paysages. L’oiseau et tout ce qu’il dénote (liberté, éternité, sérénité, rêve…) est magnifié dans la commande pour un plafond du Louvre (salle Henry II aujourd’hui). Si l’oiseau devient un motif de son œuvre, à la fin de sa vie ses dernières peintures seront plus austères.
Visiter cette rétrospective s’avère aussi bien riche d’émotions que de sens. Cette vie d’artiste interpelle l’esthète comme le profane.

Connaissez-vous cet artiste ? Avez-vous déjà eu l'occasion de voir cette exposition ? N'hésitez pas à y aller entre Quintoniciens en créant l'activité dans le groupe de Paris.

Commentaires
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Avatar danyfro
danyfro 13 novembre 2013 à 22:48
J'ai emmené mon petit-fils de 6 ans  à cette belle exposition. Je l'avais inscrit à l'atelier enfants, ce qui permet une découverte de l'artiste et de ses œuvres adaptée à son âge ; et pendant ce temps, j'ai visité l'exposition; Tous les deux, nous avons été enchantés de notre après-midi

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Avatar canuse
canuse 12 novembre 2013 à 18:32
Très bien merci
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