Au cœur des ténèbres : portraits de femmesCulture

Au cœur des ténèbres : portraits de femmes

Emeline E.  |   Date de publication : 2 août 2012 09:06 / Dernière mise à jour : 20 juin 2013 22:58

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Titouan Lamazou : travail engagé d'un homme sur les femmes

Cinq ans après avoir découvert Kinshasa en 2000, Lamazou retourne en République Démocratique du Congo pour en explorer les provinces orientales, les territoires du Kivu, et rencontrer leurs femmes. Réfugiées, victimes, activistes ou travailleuses.

De ces échanges et du récit de ces parcours douloureux sont nés des portraits à l'acrylique sur papier, témoignages des souffrances endurées par le peuple congolais. Déplacements de population, viols collectifs, massacres et SIDA. Tant de maux qui conduisent l'ancien navigateur à s'engager.

Une ONG en aide aux victimes du conflit

En créant son ONG Lysistrata, qui vient en aide aux Congolaises du Nord Kivu, il les aide à s'organiser face à l'inaction de l'Etat et des hommes. Lamazou, par ce travail, a voulu explorer ce que Joseph Conrad nommait, à l'orée du XXe siècle, le « cœur des ténèbres ».

Cette Afrique intérieure, au cœur d'un conflit comme celui du Congo, dont l'écho médiatique s'est dissipé avant de disparaître. Ces portraits sont là pour nous rappeler son actualité brûlante, nous montrer combien la souffrance perdure malgré toute la force, la beauté et la dignité de ces femmes.

Des portraits de femmes Africaines évocateurs

Ce qui frappe en premier lieu dans ces portraits tient dans la puissance inouïe des regards des femmes africaines. Par exemple celui de Rachel, de Walikale. Croquée de profil, la jeune femme est parée d'un simple collier et maquillée de bleu mauve. Son regard interpelle, accroche, ses yeux semblent murmurer « voyez ce qu'ils ont fait ». Un autre portrait dévoile Yambe, à laquelle un second croquis est accolé en filigrane. Comme le fantôme de l'innocence perdue. Au gré des dessins qui défilent, ces regards fermes suggèrent la profondeur des blessures.

Témoignages d'humanité

Au-delà de ces ténèbres, perce aussi un petit goût de paradis. Ces femmes dévoilent toute leur beauté sous le trait aérien de l'artiste. On lit en elles l'immense force de caractère qui les a portées et une profonde dignité transparaît. Elles livrent en somme leur humanité, marquée par la dureté d'un parcours mais nourrie de l'espoir qui survit malgré tout. On ressort de cette exposition frappé par la beauté de l'œuvre et bouleversé par sa profondeur.

Titouan Lamazou livre ici des témoignages précieux et lance avec ses portraits le beau pari de la paix.

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