Produits à base de poissons : que mangez-vous vraiment ?
Plongée en eaux troubles
L’une des plus importantes associations nationales de défense des consommateurs et usagers, la CLCV, a mené une vaste enquête en juin dernier sur 70 produits à base de poissons (panés, croquettes, rillettes, surimis, parmentiers, nuggets, soupes et plats cuisinés) vendus dans les grandes surfaces. Le résultat, même s’il est loin d’être aussi effrayant que celui concernant les produits à bases de viande (nul n’a oublié le scandale des lasagnes au cheval) est pour le moins alarmant, qu’il concerne les grandes marques comme les marques de distributeurs.
En cause, l’étiquetage
des produits : « Il n’existe pour le moment aucun cadre réglementaire ou
normatif définissant les procédés d’obtention des produits », dénonce
l’association. Que l’on soit expert en poissons ou simple consommateur, on n’y
comprend pas grand-chose. En effet, la CLCV note que pour la grande majorité
des produits de la mer, les informations contenues sur les étiquettes sont
imprécises, que l’on parle de pourcentage de poisson contenu dans la
préparation ou sur l’espèce utilisée.
Le règne du flou….
L’association a aussi
révélé que dans 80% des produits étudiés, la chair ou la pulpe de poisson est
utilisée en lieu et place des filets. Nulle trace de morceaux nobles donc mais
plutôt un mélange de peau, d’arêtes, de chutes, broyé à très forte pression.
Bref, une mixture qui, si elle est sans risque pour la santé, est évidemment de
très piètre qualité.
Autre constat : il est quasi-impossible de savoir la quantité exacte de poisson utilisée dans les préparations. Idem en ce qui concerne la variété de poisson, il est tout simplement impossible de savoir si le consommateur mange du cabillaud, ou du moins des restes, du merlu ou du lieu, puisque seuls les termes « poisson » ou « poisson blanc » figurent sur les emballages.
Besoin d’une calculette pour faire ses courses ?
Par ailleurs, note la
CLCV, 30% des produits étudiés ne donnent explicitement aucun pourcentage du
poisson contenu dans les préparations. Dès lors, il vaut mieux être fort en
calcul pour connaître la quantité de poisson que l’on mange puisque de nombreux
fabricants ne mentionnent que la quantité de poisson dans par exemple une
farce, puis le pourcentage de farce dans le produit fini…. Rillettes et
croquettes de poisson étant championnes en matière d’imprécision.
D'après la CLCV, « dans quatre produits sur dix, le consommateur doit faire une règle de trois pour recalculer la quantité de poisson », ce qui n’est guère pratique quand on fait ses courses ! Par ailleurs, sur les 70 produits étudiés, la teneur en poisson est souvent inférieure à 30%, sauf pour les poissons panés. Enfin, les produits à base de poisson sont plein d’agents de texture (amidon, acides gras etc), d’eau et de matières grasses. Des éléments qui sont le plus souvent totalement absents des étiquettes. Bon appétit !
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