Le Syndicat de la magistrature, succursale de LFI
- 15 septembre 2023 05:45
A l’appui du sujet «Le Syndicat de la magistrature à la Fête de l'Huma: remous dans la justice», l’excellente chronique de Sophie Coignard
*****
Créé par des juges de gauche, le Syndicat de la magistrature (SM) est devenu le temple d’une idéologie communautariste, wokiste et indifférente à l’agression russe contre l’Ukraine.
Le Syndicat de la magistrature à la Fête de l'Huma ce week-end! Pas comme simple participant à un débat, à une table ronde, mais quasiment comme co-organisateur, comme en atteste l'affiche que diffuse crânement le SM sur les réseaux sociaux. Les juges tiennent même buvette avec à la carte «de la bière artisanale, du vin, du thé glacé, de la citronnade maison…». Un régal!
Une ordonnance de 1958, qui a valeur de loi organique, interdit toute délibération politique au corps judiciaire. Mais un arrêt du Conseil d'Etat de 1972, quatre ans après la création du SM, reconnaît indirectement sa légalité.Depuis, la question de l'impartialité des juges politisés a été prudemment éludée. Mais elle ressurgit par la porte et par toutes les fenêtres.
L'épisode du «mur des cons», en 2013, a marqué une étape inquiétante. Puis la radicalisation s'est poursuivie, au grand dam de certains adhérents du SM, tenants d'une gauche républicaine, indignés, par exemple, du soutien apporté au Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) au moment de sa dissolution en 2021.
Depuis, la dérive s'accentue, avec l'emploi de toute la terminologie intersectionnelle, de l'écriture inclusive à l'usage de l'adjectif «systémique» pour qualifier le racisme ou les violences commises par certains policiers. Samedi16septembre,à11heures, se tiendra ainsi une table ronde sur «les contrôles d'identité et les violences policières».
Puis, à17heures, un débat intitulé«Comment le mouvement social peut faire face aux violences policières, à une répression accrue et aux dissolutions?». Dimanche matin, variation sur le même thème: ««La question sécuritaire ou “l'ordre” qui déborde.»
⚫ Une panoplie idéologique inquiétante
Plus encore que la participation très active d'un syndicat de magistrats à la Fête de l'Humanité, c'est donc l'intitulé de ses différentes prestations qui interpelle. Une manière de mettre tous les représentants des forces de l'ordre dans le même sac, celui de l'extrême droite, au lieu de maintenir un dialogue exigeant et fécond avec des femmes et des hommes qui, notamment dans leurs fonctions d'officiers de police judiciaire, contribuent à la bonne marche de la justice.
Pour compléter cette panoplie du parfait militant LFIste, la revue Délibérée, publiée par le syndicat, s'intéresse, dans une récente livraison, à une thématique d'actualité, «Crimes internationaux: une justice verrouillée», sans pour autant consacrer, au fil de50pages, un seul développement à l'agression de l'Ukraine par Poutine, et à l'opportunité de traduire le président russe devant une Cour de justice internationale. Le débat occupe de nombreux experts et intellectuels à travers le monde,mais il n'intéresse pas les juges rouges. Attention à ne pas virer au rouge-brun!
Sophie Coignard – Le Point, 15/09/2023
Le Syndicat de la magistrature, succursale de LFI
15 septembre 2023 05:45
A l’appui du sujet «Le Syndicat de la magistrature à la Fête de l'Huma: remous dans la justice», l’excellente chronique de Sophie Coignard
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Créé par des juges de gauche, le Syndicat de la magistrature (SM) est devenu le temple d’une idéologie communautariste, wokiste et indifférente à l’agression russe contre l’Ukraine.
Le Syndicat de la magistrature à la Fête de l'Huma ce week-end! Pas comme simple participant à un débat, à une table ronde, mais quasiment comme co-organisateur, comme en atteste l'affiche que diffuse crânement le SM sur les réseaux sociaux. Les juges tiennent même buvette avec à la carte «de la bière artisanale, du vin, du thé glacé, de la citronnade maison…». Un régal!
Une ordonnance de 1958, qui a valeur de loi organique, interdit toute délibération politique au corps judiciaire. Mais un arrêt du Conseil d'Etat de 1972, quatre ans après la création du SM, reconnaît indirectement sa légalité.Depuis, la question de l'impartialité des juges politisés a été prudemment éludée. Mais elle ressurgit par la porte et par toutes les fenêtres.
L'épisode du «mur des cons», en 2013, a marqué une étape inquiétante. Puis la radicalisation s'est poursuivie, au grand dam de certains adhérents du SM, tenants d'une gauche républicaine, indignés, par exemple, du soutien apporté au Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) au moment de sa dissolution en 2021.
Depuis, la dérive s'accentue, avec l'emploi de toute la terminologie intersectionnelle, de l'écriture inclusive à l'usage de l'adjectif «systémique» pour qualifier le racisme ou les violences commises par certains policiers. Samedi16septembre,à11heures, se tiendra ainsi une table ronde sur «les contrôles d'identité et les violences policières».
Puis, à17heures, un débat intitulé«Comment le mouvement social peut faire face aux violences policières, à une répression accrue et aux dissolutions?». Dimanche matin, variation sur le même thème: ««La question sécuritaire ou “l'ordre” qui déborde.»
⚫ Une panoplie idéologique inquiétante
Plus encore que la participation très active d'un syndicat de magistrats à la Fête de l'Humanité, c'est donc l'intitulé de ses différentes prestations qui interpelle. Une manière de mettre tous les représentants des forces de l'ordre dans le même sac, celui de l'extrême droite, au lieu de maintenir un dialogue exigeant et fécond avec des femmes et des hommes qui, notamment dans leurs fonctions d'officiers de police judiciaire, contribuent à la bonne marche de la justice.
Pour compléter cette panoplie du parfait militant LFIste, la revue Délibérée, publiée par le syndicat, s'intéresse, dans une récente livraison, à une thématique d'actualité, «Crimes internationaux: une justice verrouillée», sans pour autant consacrer, au fil de50pages, un seul développement à l'agression de l'Ukraine par Poutine, et à l'opportunité de traduire le président russe devant une Cour de justice internationale. Le débat occupe de nombreux experts et intellectuels à travers le monde,mais il n'intéresse pas les juges rouges. Attention à ne pas virer au rouge-brun!
Sophie Coignard – Le Point, 15/09/2023


