Avatar janine33

Le lièvre à la royale-2- (suite )

janine33 - 31 octobre 2024 15:33

2. Se procurer le gibier
Pour réaliser dans les règles de l’art un “Lièvre à la Royale”, il vous faut d’abord ne point être regardant à la dépense. L’animal sauvage ne doit être ni trop jeune, ni trop vieux, comme ces admirables bêtes, agiles et rapides, toujours prêtes à défier le chasseur, qui courraient autrefois dans les plaines de Beauce ou d’Alsace.
Jeanne Savarindans son ouvrage de 1899 stipulait :
“Ayez un lièvre mâle, à poils roux, de fine race française (caractérisée par la légèreté et la nerveuse élégance de la tête et des membres); tué autant que possible en pays de montagne ou de brandes; pesant de cinq à six livres, c’est à dire ayant passé l’âge du levraut, mais cependant encore adolescent. Caractère particulier pour le choix: tué assez proprement pour n’avoir pas perdu une goutte de sang”.

Mais le temps a passé. Presque un siècle après que Jeanne Savarin ait écrit ces mots, me voici devant un grand défi. Comment me procurer deux lièvres de six livres? Aucun chasseur Alsacien ne pût m’en procurer, car ces bêtes autrefois nombreuses en plaine et en montagne ont totalement disparues. Plus de bocage ni de haie pour s’abriter.
Plus de pré pour brouter à sa guise.
Les chasseurs du dimanche ont remplacé les rapaces, les lynx, les loups, les renards qui eux, savaient réguler les populations de lièvre…
L’HonorableMaison Herrscher, installée depuis des décennies à Colmar à répondue à ma demande un peu folle: je voulais deux lièvres sauvages, de plus de six livres, laissés en peau, non vidés, pendus au frais par les oreilles pendant une semaine.
Mes deux bêtes vinrent d’Allemagne, tirés dans la propriété d’un vaste domaine privé. Je me rappelle, la maison Herrscher place du Marché aux fruits à Colmar. Il y a plus de quarante ans, en automne, mon père nous emmenait voir la devanture de cette boucherie-charcuterie. Dehors, étaient suspendus des cerfs entiers, des biches, d’énormes sangliers, des faisans, des perdrix, l’ensemble en peaux et en plumes. Nous avions droit un véritable cours de science naturelle. Imaginez aujourd’hui une devanture avec des bestioles entières:
La DSV fermerait la boutique, Brigitte Bardot écrirait au préfet, et la petite bourgeoisie de Colmar crierait au scandale.

Que les végétariens s’abstiennent de lire la suite, âmes sensibles s’abstenir!

Le lièvre à la royale-2- (suite )

Avatar janine33

janine3331 octobre 2024 15:33

2. Se procurer le gibier
Pour réaliser dans les règles de l’art un “Lièvre à la Royale”, il vous faut d’abord ne point être regardant à la dépense. L’animal sauvage ne doit être ni trop jeune, ni trop vieux, comme ces admirables bêtes, agiles et rapides, toujours prêtes à défier le chasseur, qui courraient autrefois dans les plaines de Beauce ou d’Alsace.
Jeanne Savarindans son ouvrage de 1899 stipulait :
“Ayez un lièvre mâle, à poils roux, de fine race française (caractérisée par la légèreté et la nerveuse élégance de la tête et des membres); tué autant que possible en pays de montagne ou de brandes; pesant de cinq à six livres, c’est à dire ayant passé l’âge du levraut, mais cependant encore adolescent. Caractère particulier pour le choix: tué assez proprement pour n’avoir pas perdu une goutte de sang”.

Mais le temps a passé. Presque un siècle après que Jeanne Savarin ait écrit ces mots, me voici devant un grand défi. Comment me procurer deux lièvres de six livres? Aucun chasseur Alsacien ne pût m’en procurer, car ces bêtes autrefois nombreuses en plaine et en montagne ont totalement disparues. Plus de bocage ni de haie pour s’abriter.
Plus de pré pour brouter à sa guise.
Les chasseurs du dimanche ont remplacé les rapaces, les lynx, les loups, les renards qui eux, savaient réguler les populations de lièvre…
L’HonorableMaison Herrscher, installée depuis des décennies à Colmar à répondue à ma demande un peu folle: je voulais deux lièvres sauvages, de plus de six livres, laissés en peau, non vidés, pendus au frais par les oreilles pendant une semaine.
Mes deux bêtes vinrent d’Allemagne, tirés dans la propriété d’un vaste domaine privé. Je me rappelle, la maison Herrscher place du Marché aux fruits à Colmar. Il y a plus de quarante ans, en automne, mon père nous emmenait voir la devanture de cette boucherie-charcuterie. Dehors, étaient suspendus des cerfs entiers, des biches, d’énormes sangliers, des faisans, des perdrix, l’ensemble en peaux et en plumes. Nous avions droit un véritable cours de science naturelle. Imaginez aujourd’hui une devanture avec des bestioles entières:
La DSV fermerait la boutique, Brigitte Bardot écrirait au préfet, et la petite bourgeoisie de Colmar crierait au scandale.

Que les végétariens s’abstiennent de lire la suite, âmes sensibles s’abstenir!

avatar
Avatar Paul.Bristol

Paul.Bristol

1 novembre 2024 17:27

Il y a quand même un prob..
La Royale, c'est le nom de la marine de guerre française..
Et sur les navires, jamais de lapins ( ils rongeaient les coques des bateaux à voiles )..Même pas le droit de prononcer son nom, on parlait du cousin du lièvre..
Mais les lièvres, même moins présents, n'étaient pas non plus les bienvenus..

Répondre·

Avatar Paul.Bristol

Paul.Bristol

1 novembre 2024 17:23
janine33 a écrit :
N’était ce pas plutôt la tularemie ?

Non, la myxomatose..bec de lièvre..

Répondre·

Avatar janine33

janine33

1 novembre 2024 14:52
Paul.Bristol a écrit :
le lièvre devient rare..je crois qu'on peut encore en faire venir de l'Ile de la tortue..
Mais il faut faire attention, il peut être porteur de maladies..
Cf l'histoire de l'homme qui avait attrapé la myxomatose, en embrassant une fille qui avait un bec de lièvre..

N’était ce pas plutôt la tularemie ?

Répondre·

Avatar rodoalex

rodoalex

1 novembre 2024 14:22

Foutez leur la paix, et mangé des pommes 🍎

Répondre·

Avatar Paul.Bristol

Paul.Bristol

1 novembre 2024 11:08

le lièvre devient rare..je crois qu'on peut encore en faire venir de l'Ile de la tortue..
Mais il faut faire attention, il peut être porteur de maladies..
Cf l'histoire de l'homme qui avait attrapé la myxomatose, en embrassant une fille qui avait un bec de lièvre..

Répondre·

Avatar janine33

janine33

1 novembre 2024 09:15
bernard a écrit :
J'y ai gouté étant gamin en 1960/65; à se damner!!! Il y a une petite quarentaine d'années il y avait encore ce type de boucher-volailler le long de la nationale 10 dans les Yvelines!

À peu près la même chose pour moi ! Il s’agissait d’un restaurant sur les hauteurs de Rouen qui appelait ses clients quand il avait un lièvre prêt à cuisiner .
On répondait par oui ou par non et il connaissait d’avance combien de convives il aurait à nourrir .
Très bon !

Répondre·

Avatar bernard

bernard

1 novembre 2024 08:38

J'y ai gouté étant gamin en 1960/65; à se damner!!! Il y a une petite quarentaine d'années il y avait encore ce type de boucher-volailler le long de la nationale 10 dans les Yvelines!

Répondre·

Avatar Givi

Givi

1 novembre 2024 08:26

Merci pour votre prose 😇

Répondre·