Il vous fait : marcher, courir, danser...... Mais personne ne le regarde !!!!
diique - 16 mai 2022 16:12
Bonjour,
Il y a quelques temps, je vous ai fait partager la vie tumultueuse du lit, en majorité, des retours très sympas m'étaient adressés, je vous en remercie.
Humaniser les objets très utiles, voire, indispensables, m'amuse, et pourquoi ne pas les faire partager !
Bonne lecture !
Quelle journée ! je suis fatigué, fatigué d'avoir marché, piétiné, évité les pièges du sol, courir... enfin, je suis au repos dans mon chausson. Je m'étire, je me suis même assoupi devant la télévision. Devant la cheminée, j'étais près de ce chien, là où je suis, il est là ! il ne me dérangerait pas, si au moins, il cessait de me mordiller.
J'y pense, je parle, je parle, mais j'ai complètement oublié de me présenter. Pardonnez-moi, je suis tellement habitué à marcher, courir, me presser, retirer ce qui m'étouffe toute la journée et enfin respirer !
Baissez les yeux et vous comprendrez, vous aurez un autre regard sur moi, enfin, sur nous, car en règle générale nous sommes deux.
Je suis un pied ! oui, oui, un pied ! je suis sérieux, je suis un pied. Résonne dans mes orteils l'éclats de vos rires !
Il est vrai qu'à vos yeux, ma vie se passe au ras du sol, loin de vos têtes pensantes. J' ai besoin de me déchausser, de prendre du recul, je marque le pas pour marcher sur cette feuille blanche. Cet écrit est l'empreinte de ma vie, y reflètera le désir de vivre de plain-pied dans le monde qui ne m'épargne pas grand chose.
Comment suis-je né ? où suis-je né ? A vrai dire, je ne sais pas trop. Par contre, ce que je sais et les archives le prouvent, j'existe depuis des siècles, des siècles que j'ai traversé à pied, sans bruit, attaché au bout de ces corps, sans cesse en mouvement.
Dans ce monde, nous sommes environ 14 ou 15 milliards, rendez-vous compte, 14 ou 15 milliards ! petits, grands, maigres, gros.... tous ces pieds qui piétinent sur cette terre, vivraient en parfaite harmonie, s'ils n'avaient pas à supporter quelques têtes brûlées qui pensent refaire le monde.
J'éprouve un peu de gêne de parler de moi, étant très pudique et très modeste, il m'est assez difficile de vous décrire mes états d' âme. Mais j'en ai assez de vivre dans l'ombre de vos corps, j'en ai assez de vous supporter. Souvent, vous m'étouffez, votre présence m'écrase, m' emprisonne ! laissez moi respirer de temps en temps, l'air pur dont vous me privez.
Ce temps, je le prends, je vous le prends, ne vous en déplaise ! Vous êtes debout, devant un miroir, face à l'image
qu'il vous renvoie. Baissez la tête, portez votre attention sur moi, quelques minutes, à cet instant, vos pensées s'immiscent dans mon univers, là, vous prenez conscience de mon existence. Oh, cette existence n'est pas de tout repos ! Bien des misères me sont faites. Des heures entières, enfermé dans une chaussure, j'étouffe ! je suis pris de brûlures, de picotements, privé de toute liberté, je marche comme un automate, guidé par un cerveau qui ne m' épargne rien. Ce cerveau qui reçoit tous les honneurs, marque les valeurs qui nous séparent. Bien sur, il est intelligent, il est beau dans l'effort, mais cela n'est pas tout ! Sans nous, qui serait-il ? comment pourrait-il transmettre son savoir sans nous ? Nous, qui nous ? Mais tout le reste du corps ! Les mains, la bouche, les yeux, les oreilles, les bras....
Il a eu de la chance, avant la naissance, dans ce nid douillet, de devenir le maître à penser, à agir, à dicter. Après tout, moi aussi, je pouvait prétendre à ces fonctions. Suis-jaloux ? non ! agacé ? oui ! je sais bien qu'il faut des parties manuelles ( si l'on peut dire cela d'un pied ! ) mais que je sois reconnu. La main, qui parfois n'a pas de fonctions nobles, dégage le respect, la courtoisie, la politesse...Belle et mystérieuse, cette main parcourt les désirs, écrit les envies des gens qui s'aiment. Bien sur, vous comprendrez mon indulgence, cette même main qui sait être douce, tendre, rassurante, sensuelle, est parfois tâchée de sang à cause de ces quelques cerveaux malades qui polluent le monde.
Je suis terriblement choqué d'entendre les gens parler de moi, d'une façon déplacée et mal placée. Quand j'entends " tu veux mon pied aux fesses !" j'explose, je me mords les doigts de pied de colère. Rendez-vous compte ce que peut signifier cette réflexion ! Ce manque de respect que je porte à cette partie du corps, me fait rougir de honte.
" Bête comme un pied !" de quel droit peut-on dire cela !
Je suis choqué !
Autre chose, sans être beau, je ne suis pas laid, j'ai même du charme, pour qui veut bien s'intéresser à moi. Je ne triche pas, moi ! Sans maquillage, sans poudre, sans fard, sans crème de beauté, je m'assume comme tel et suis fier d'être un pied. Je ne suis pas comme lui là-haut, dans le paraître !
Peut-être auriez-vous tort de croire que je perds la tête ou les talons, où bien que je marche à côté de mes pompes. Non ! simplement, ce cri qui sort de mes cors est un appel à votre attention et au respect. Ne tournez pas la tête, baissez là.
Je danse au dessus du sol avec beaucoup de grâce et de souplesse. Supposons que demain l'un de vos pieds soit malade, c'est le monde qui boîterait, à cloche pied, difficile d'avancer. Est-ce normal que je sois à l'écart du monde ? Quand je n'ai pas ces stupides chaussures, j'ai des chaussettes et si je n'ai pas de chaussettes, on me force à mettre des vieux chaussons usés jusqu'à la corde. De tous ces accessoires émanent des mauvaises odeurs. Vraiment pas drôle, cette vie de pied. Ma vie piexuelle est menacée par ces fichus sites de rencontre, les rencontres se font de plus en plus rares avec mes partenaires féminines. Du moins, elles ne se passent plus comme autrefois. Ces instants merveilleux qui nous étaient donnés au début d'une rencontre, peignaient les premiers instants amoureux.
Nous participions à ces premiers instants, pudiques et souvent maladroite.
Cette pudeur qui se cachait sous la table, dans un silence discret, donnait naissance aux premiers émois.
Merci d'avoir donné quelques minutes de votre temps à la lecture de ce texte un peu décalé. Votre regard ne sera peut-être plus le même avec vos pieds.
Bon pied, bon oeil !
Dominique
Il vous fait : marcher, courir, danser...... Mais personne ne le regarde !!!!
Bonjour,
Il y a quelques temps, je vous ai fait partager la vie tumultueuse du lit, en majorité, des retours très sympas m'étaient adressés, je vous en remercie.
Humaniser les objets très utiles, voire, indispensables, m'amuse, et pourquoi ne pas les faire partager !
Bonne lecture !
Quelle journée ! je suis fatigué, fatigué d'avoir marché, piétiné, évité les pièges du sol, courir... enfin, je suis au repos dans mon chausson. Je m'étire, je me suis même assoupi devant la télévision. Devant la cheminée, j'étais près de ce chien, là où je suis, il est là ! il ne me dérangerait pas, si au moins, il cessait de me mordiller.
J'y pense, je parle, je parle, mais j'ai complètement oublié de me présenter. Pardonnez-moi, je suis tellement habitué à marcher, courir, me presser, retirer ce qui m'étouffe toute la journée et enfin respirer !
Baissez les yeux et vous comprendrez, vous aurez un autre regard sur moi, enfin, sur nous, car en règle générale nous sommes deux.
Je suis un pied ! oui, oui, un pied ! je suis sérieux, je suis un pied. Résonne dans mes orteils l'éclats de vos rires !
Il est vrai qu'à vos yeux, ma vie se passe au ras du sol, loin de vos têtes pensantes. J' ai besoin de me déchausser, de prendre du recul, je marque le pas pour marcher sur cette feuille blanche. Cet écrit est l'empreinte de ma vie, y reflètera le désir de vivre de plain-pied dans le monde qui ne m'épargne pas grand chose.
Comment suis-je né ? où suis-je né ? A vrai dire, je ne sais pas trop. Par contre, ce que je sais et les archives le prouvent, j'existe depuis des siècles, des siècles que j'ai traversé à pied, sans bruit, attaché au bout de ces corps, sans cesse en mouvement.
Dans ce monde, nous sommes environ 14 ou 15 milliards, rendez-vous compte, 14 ou 15 milliards ! petits, grands, maigres, gros.... tous ces pieds qui piétinent sur cette terre, vivraient en parfaite harmonie, s'ils n'avaient pas à supporter quelques têtes brûlées qui pensent refaire le monde.
J'éprouve un peu de gêne de parler de moi, étant très pudique et très modeste, il m'est assez difficile de vous décrire mes états d' âme. Mais j'en ai assez de vivre dans l'ombre de vos corps, j'en ai assez de vous supporter. Souvent, vous m'étouffez, votre présence m'écrase, m' emprisonne ! laissez moi respirer de temps en temps, l'air pur dont vous me privez.
Ce temps, je le prends, je vous le prends, ne vous en déplaise ! Vous êtes debout, devant un miroir, face à l'image
qu'il vous renvoie. Baissez la tête, portez votre attention sur moi, quelques minutes, à cet instant, vos pensées s'immiscent dans mon univers, là, vous prenez conscience de mon existence. Oh, cette existence n'est pas de tout repos ! Bien des misères me sont faites. Des heures entières, enfermé dans une chaussure, j'étouffe ! je suis pris de brûlures, de picotements, privé de toute liberté, je marche comme un automate, guidé par un cerveau qui ne m' épargne rien. Ce cerveau qui reçoit tous les honneurs, marque les valeurs qui nous séparent. Bien sur, il est intelligent, il est beau dans l'effort, mais cela n'est pas tout ! Sans nous, qui serait-il ? comment pourrait-il transmettre son savoir sans nous ? Nous, qui nous ? Mais tout le reste du corps ! Les mains, la bouche, les yeux, les oreilles, les bras....
Il a eu de la chance, avant la naissance, dans ce nid douillet, de devenir le maître à penser, à agir, à dicter. Après tout, moi aussi, je pouvait prétendre à ces fonctions. Suis-jaloux ? non ! agacé ? oui ! je sais bien qu'il faut des parties manuelles ( si l'on peut dire cela d'un pied ! ) mais que je sois reconnu. La main, qui parfois n'a pas de fonctions nobles, dégage le respect, la courtoisie, la politesse...Belle et mystérieuse, cette main parcourt les désirs, écrit les envies des gens qui s'aiment. Bien sur, vous comprendrez mon indulgence, cette même main qui sait être douce, tendre, rassurante, sensuelle, est parfois tâchée de sang à cause de ces quelques cerveaux malades qui polluent le monde.
Je suis terriblement choqué d'entendre les gens parler de moi, d'une façon déplacée et mal placée. Quand j'entends " tu veux mon pied aux fesses !" j'explose, je me mords les doigts de pied de colère. Rendez-vous compte ce que peut signifier cette réflexion ! Ce manque de respect que je porte à cette partie du corps, me fait rougir de honte.
" Bête comme un pied !" de quel droit peut-on dire cela !
Je suis choqué !
Autre chose, sans être beau, je ne suis pas laid, j'ai même du charme, pour qui veut bien s'intéresser à moi. Je ne triche pas, moi ! Sans maquillage, sans poudre, sans fard, sans crème de beauté, je m'assume comme tel et suis fier d'être un pied. Je ne suis pas comme lui là-haut, dans le paraître !
Peut-être auriez-vous tort de croire que je perds la tête ou les talons, où bien que je marche à côté de mes pompes. Non ! simplement, ce cri qui sort de mes cors est un appel à votre attention et au respect. Ne tournez pas la tête, baissez là.
Je danse au dessus du sol avec beaucoup de grâce et de souplesse. Supposons que demain l'un de vos pieds soit malade, c'est le monde qui boîterait, à cloche pied, difficile d'avancer. Est-ce normal que je sois à l'écart du monde ? Quand je n'ai pas ces stupides chaussures, j'ai des chaussettes et si je n'ai pas de chaussettes, on me force à mettre des vieux chaussons usés jusqu'à la corde. De tous ces accessoires émanent des mauvaises odeurs. Vraiment pas drôle, cette vie de pied. Ma vie piexuelle est menacée par ces fichus sites de rencontre, les rencontres se font de plus en plus rares avec mes partenaires féminines. Du moins, elles ne se passent plus comme autrefois. Ces instants merveilleux qui nous étaient donnés au début d'une rencontre, peignaient les premiers instants amoureux.
Nous participions à ces premiers instants, pudiques et souvent maladroite.
Cette pudeur qui se cachait sous la table, dans un silence discret, donnait naissance aux premiers émois.
Merci d'avoir donné quelques minutes de votre temps à la lecture de ce texte un peu décalé. Votre regard ne sera peut-être plus le même avec vos pieds.
Bon pied, bon oeil !
Dominique


Vodjsa
"Fais du bien a ton corps pour que ton âme ait envie d'y rester" voilà ce que votre texte m'inspire.
on ne prend souvent pas assez conscience qu'ils (nos pieds) sont notre base depuis que nous sommes" bipède", et une base mal assise.. peut nous ébranler, nous déstabiliser
on voit, souvent des vieilles personnes, avec des pieds tellement déformés qu'il leur est souvent impossible de trouver chaussure à leur pied.. et de se déplacer à pied..correctement et sans souffrance. les douleurs de leur vie ont trouvé où se planquer