Je suis amoureux (se) de deux personnes en même temps !
Une absence trop palpable
Lorsque je suis tombée amoureuse dun deuxième homme, jétais en couple depuis des années, pacsée avec Adam, lhomme qui est aujourdhui mon mari. Artiste peintre, je travaillais à la maison, dans un atelier quil mavait aménagé. Adam était dans une période-clé de sa carrière, souvent absent et épuisé quand il rentrait.
Je détestais ces journées à attendre, ces dîners loupés, et même son succès. Je savais que cétait pour nous, je men voulais donc et ça empirait. Je broyais du noir tout le temps, jusquà le mettre sur mes toiles. Cest là que tout commence.
Le réconfort dans les bras dun autre
Mes nouveaux tableaux étaient sombres, violents, très expressifs. Jespérais quAdam me comprenne, mais cest Marc, un galeriste parisien, qui a noté leur potentiel et ma proposé un espace. Cétait mon décollage, jétais fière, Adam aussi, il était si heureux pour moi ! Mais je lui en voulais encore, et nai pas cru ses sentiments ; pour moi il était juste soulagé de ne plus porter un poids triste. Cétait stupide, je sais, mais je crois que je ne métais pas pardonnée cette dépression, et quelle nétait pas finie…
Et de lautre côté, il y avait Marc, mon réconfort, qui madmirait. Nous avons convenu dune date pour le vernissage. Pas de chance, Adam était en déplacement pour un rendez-vous capital. Il aurait sûrement annulé mais je len ai empêché.
Jai beaucoup vendu. Et je suis rentrée avec Marc. Passons sur les détails.
Une double vie insupportable
Quand Adam est rentré le lendemain, son bonheur pour moi ne faisait aucun doute tant il était douloureux. Mes sens devenaient fous sous ses baisers. Jai failli tout lui dire et je nen ai rien fait. Il a pris mes larmes sur loreiller pour de la joie, ma dit quil aimait voir sa femme heureuse… Je lai haï.
Jai revu Marc. Il est même venu dîner à la maison sur une invitation dAdam qui était passé à la galerie. La situation était intenable mais elle a duré, des mois. Ils sentendaient bien, je me suis mise à imaginer des choses impensables, une vie à nous trois… Et je suis devenue odieuse de me détester autant, mes tableaux étaient plus violents, se vendaient de mieux en mieux, mon émotion aidant — il fallait que ça sorte.
Une histoire qui finit… bien ?
Et puis un jour, ça a été fini. Je suis rentrée à la maison en fin daprès-midi et jai trouvé Adam dans le salon, pleurant devant une de mes premières toiles. Je ne savais pas comment mais il avait compris. Je ne pouvais pas faire un mouvement. Puis il ma ouvert son bras sans me regarder et je me suis blottie dedans, et jai pleuré aussi, toutes les larmes de mon corps. Il ma demandé de le pardonner et de lépouser.
Aujourdhui je raconte ceci avec son accord, pour partager une épreuve qui nous a fait grandir. Mon seul conseil aux personnes à qui ça arrive : résistez à la culpabilité. Ce qui est fait est fait, parlez-en, à nimporte qui. La souffrance dêtre coupable pousse au pire, en vous faisant vous croire indigne de tout amour vrai.
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