SantéSanté connectée : Big brother is watching you ?
Etre en forme pour payer moins cher
Axa passe le pas. L'assureur est le premier, en France, à avoir officialisé début juin une nouvelle offre incluant l'utilisation d'objets connectés de santé. L'assureur va fournir un podomètre connecté Withings (du nom de la startup française i-tech qui cartonne) aux clients de son offre. Ils se verront proposer des avantages financiers s'ils font plus de 10 000 pas par jour. De quoi rapprocher l'Hexagone des Etats-Unis, où certains assureurs se ruent, pour ajuster les prix des complémentaires de santé, sur les potentialités offertes par ces nouveaux objets du quotidien bardés de capteurs (balance, bracelet, tensiomètre, observateurs de sommeil, etc.)
Et pourquoi pas notre banque ?
Un mouvement est lancé. Pour preuve : Apple a équipé la dernière version de son système pour iPhone d'une application « Santé ». Son but : devenir la tour de contrôle centralisée des données récoltées par les applis et autres appareils connectés d'un usager. Une centrale susceptible d'envoyer ces données, du rythme cardiaque à la pression sanguine, à des établissements médicaux partenaires de la firme à la pomme. Idem chez le coréen Samsung, qui met en avant, via l'appli SAMI, ses propres « partenaires » et « services approuvés ».
On peut s'émerveiller, on peut aussi voir plus loin. Si les assurances s'intéressent à la santé connectée, pourquoi pas les banques et les patrons ? Un employé prenant soin de lui est moins coûteux. Yahoo ! et BP commencent donc déjà à équiper les leurs. Un défi de plus pour les défenseurs de la vie privée, Cnil (Commission nationale informatique et libertés) en tête. L'organisme français a publié en mai un cahier consacré aux nouveaux enjeux de la santé connectée. Histoire d'explorer « les axes de régulation » possibles pour ce marché en plein boom.
Des pubs adaptées à nos données ?
Outre les aspects économiques et juridiques, le sujet pose « des questions éthiques délicates », y lit-on. Mais si le marché est trop jeune pour être régulé, dixit la Cnil, il faudra peut-être adapter la notion de donnée à caractère médicale à l'arrivée des capteurs connectés, par exemple pour distinguer clairement une « donnée de santé » d'une « donnée de bien-être ».
La Cnil formulera ses conclusions en juillet, mais aux Etats-Unis, certains proposent déjà que les banques, assureurs et employeurs soient exclus des bénéficiaires possibles de ces données. En juin, le magazine américain Fortune se projetait déjà dans un monde où elles pourraient être utilisées pour adapter la pub au récepteur : « Imaginez que chaque nuit où vous vous retournez dans votre lit conduit à vous voir proposer des publicités pour des somnifères », lit-on. Pure science-fiction ?
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