SantéProthèses mammaires PIP : retour sur le scandale
L’origine du scandale des prothèses mammaires
Le 21 novembre 2011, Edwige Ligoneche, 53 ans et porteuse de prothèses PIP, décède en France d’un lymphome. Une mort annoncée par l’Association des Porteuses de Prothèses PIP, qui dénonce un scandale sanitaire. Ces prothèses sont en effet connues depuis longtemps par les médecins et les experts : elles ont un taux anormal de rupture.
Une rupture qui peut provoquer des irritations et des infections, mais aucune étude ne vient prouver une augmentation du risque de cancer du sein. Des conclusions que n’approuvent pas les associations. Un sujet d’autant plus sensible qu’en France, 30 000 femmes sont concernées.
À noter
Il n’y a pas besoin d’autorisation de mise sur le marché pour les prothèses mammaires : seul le fabriquant est responsable du produit qu’il vend. Une situation que le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, veut voir changer.
Un gel industriel pour les prothèses PIP
Un homme est au cœur du scandale. Jean-Claude Mas, le fondateur de la société PIP. Commercial dans l’alimentation, reconverti dans les prothèses mammaires, il est soupçonné d’avoir importé du gel de silicone industriel, 10 fois moins cher que le gel classique.
Un gel qui contiendrait baysilone, silopren, rhodorsil, des composants inconnus du monde médical, utilisés dans l’industrie du pétrole, du caoutchouc et de l’électronique.
Un scandale sanitaire dans le monde entier
Les implants PIP sont portés par 30 000 femmes en France. Mais la société, parfois considérée comme numéro 3 mondiale du secteur, produisait 100 000 prothèses par an. Plus de 65 pays ont ainsi commercialisé les implants PIP. Aujourd’hui, l’Argentine, le Venezuela mais aussi l’Angleterre et les Pays-Bas recommandent le retrait des prothèses PIP. Au total, 500 000 femmes seraient concernées.
Bon à savoir
Le n ° vert 0800 636 636 a été mis à disposition des femmes porteuses de ces prothèses.
Le rôle de l’Afssaps
L’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé est elle aussi pointée du doigt par les associations. Il semble qu’elle ait été prévenue de la mauvaise qualité des prothèses dès 2008. Mais la réglementation joue en faveur du fabriquant. Jusqu’à présent, les contrôles des installations se faisaient sur rendez-vous. Jean Claude Mas a avoué avoir eu tout le temps de cacher les produits illicites.
Enquête et mise en examen
Jean-Claude Mas et Claude Couty, président du directoire de PIP, ont été mis en examen le 26 janvier 2012 pour « blessures involontaires ». Après avoir émis pour la première fois une inquiétude pour les patientes, ils ont ensuite été mis en liberté sous contrôle judiciaire. Une caution de 100 000 € leur est demandée. Cette somme permettra de « garantir le paiement de la réparation des dommages causés par l’infraction » d’après le procureur.
En France, le ministère de la Santé et l’Assurance maladie préconisent le retrait des 30 000 prothèses. Une intervention dont le coût sera pris en charge par la Sécurité Sociale. Les implants seront remplacés par d’autres dans le seul cadre d’une reconstruction mammaire après un cancer.


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