Ma vie de retraité : pas le temps de chômer ! Retraite

Ma vie de retraité : pas le temps de chômer !

Emeline E.|Date de publication : 19 avril 2013

Jean-Yves a commencé l’aéromodélisme dès l’âge de 10 ans

« J’aimais bricoler, j’avais beaucoup d’intérêt pour l’aviation, et j’étais attiré par ce mélange de construction et de mécanique. Le matériel était rare et cher. Jusqu’à 16 ans, j’ai construit plusieurs dizaines d’avions dont la durée de vie était courte. J’ai eu ensuite une longue période d’arrêt… On garde toujours ses rêves d’enfants même quand ils sont loin, alors en 2006 j’ai décidé de me remettre à l’aéromodélisme et je me suis inscrit dans un club.

Ce que je recherche aujourd’hui, c’est la passion des avions, pratiquer en petit ce qu’on n’a pas pu faire en grand. Je construis des avions à partir de matériaux bruts. C’est environ 200 à 400 heures de travail. Mon projet actuel, juste commencé et qui ne volera pas cette année je pense, est la construction d’un Piper Pawnee, l’avion du film « La Mort aux trousses » d’Alfred Hitchcock.

À 60 ans, je suis maintenant président du club de la Roche-sur-Yon. Beaucoup de nos adhérents ont des parcours similaires. C’est une activité ou l’on rencontre des gens qui ont des talents extraordinaires. C’est difficile, mais on arrive à attirer quelques jeunes qui sont aussi guidés par les mêmes envies. La satisfaction est de voir que certains qui sont passés par l’aéromodélisme sont aujourd’hui pilotes grandeurs en aviation de loisir ou font des études dans le secteur de l’aéronautique. »

Yves, 83 ans, enseigne la self-défense aux retraités

« Grâce à la self-défense on conserve un certain dynamisme, on accepte plus facilement de bien vivre son âge. C’est une activité physique qui donne un sentiment de confiance en soi. On bouge et on apprend les techniques de défense, issues de différents arts martiaux.

J’ai commencé à 17 ou 18 ans avec le judo (qui n’est pas un sport adapté aux retraités), puis je me suis mis au ju-jitsu, à l’aïkido… avant de devenir instructeur, depuis une dizaine d’années. Pendant 1h30, chaque semaine, les participants apprennent à se déplacer, à savoir tomber. C’est virtuel : il n’y a pas de coups portés, on simule. En revanche on esquive réellement, il y a des frôlements en harmonie.

Tout cela se passe en toute convivialité, dans une bonne ambiance, on rigole bien. La self-défense m’a beaucoup aidé à conserver la forme. C’est un mode de vie, ce pourquoi on commence chaque cours par quelques minutes de Gi Qong, pour l’harmonie du mouvement, de la respiration, et pour faire circuler l’énergie. »

Claudine, 65 ans, a repris le bowling en compétition

« J’ai commencé le bowling en 1972, parce qu’il y avait une piste à Blois, dans une grande surface, tout simplement. On s’y est mis avec des amis, et ça a bien marché. On a pratiqué longtemps, puis ça a fermé en 2001. Depuis on a repris les compétitions. C’est important, il ne faut pas rester au niveau local pour évoluer. On se retrouve au moins 2 fois par semaine, avec 2 anciens joueurs qui ont préparé le diplôme de formateur et qui nous aident.

J’aime cette activité parce qu’il y a une bonne ambiance. Tout le monde s’apprécie, on se connaît tous de longue date. C’est un peu physique mais ça requiert surtout une grande concentration, et il faut trouver les boules et le matériel adaptés à notre organisme. C’est d’ailleurs intéressant : en compétition régionale, les arbitres sont attentifs à notre équipement !

Le bowling c’est un peu spécial, il faut s’adapter à la préparation des pistes, notre jeu dépend pour beaucoup du huilage. On ne fait pas toujours des miracles, mais on passe un bon moment. Avant, je lançais ma boule plus fort, aujourd’hui, j’ai peut-être moins de puissance, mais plus de précision. »

Évelyne a créé un atelier randonnée à 65 ans

« J’ai commencé à faire du sport grâce à mon cardiologue qui m’a conseillé de mettre mes médicaments pour l’hypertension à la poubelle. Selon lui, seul le sport marche, alors je m’y suis mise, à tel point que j’y consacre maintenant 5 h par semaine. J’y ai tellement pris goût que j’ai décidé de créer un atelier randonnée, dans le cadre du système d’échange local que nous avons mis en place il y a 6 mois dans notre village de Mandres où vivent 300 habitants.

On se donne rendez-vous le dimanche en début d’après-midi et on marche 1h30 ou 2h. La dernière fois on était 15, on suit les règles de toutes les randonnées, c’est-à-dire que les plus rapides doivent attendre les derniers, lorsqu’un écart commence à se creuser. Je me sens vraiment mieux physiquement, et je suis contente d’avoir réussi à supprimer les médicaments. Avant, j’étais épuisée au bout d’une heure de randonnée. Maintenant, je tiens sans difficulté, et j’apprécie de plus en plus.

Je prends aussi du plaisir à discuter avec mes voisins. Nos ateliers nous permettent de tisser des liens dans le village, puisque c’est en théorie un échange local. Les gens cherchent à se rencontrer. Je songe d’ailleurs à organiser un goûter pour les prochaines fois, il suffit de préparer un gâteau et des boissons, c’est plus sympa de se quitter de cette façon. »


Et vous, une de vos passions sont-elles devenues plus accessibles une fois à la retraite ? Ou vous êtes-vous découvert un hobby inédit mais pour le moins palpitant ? N'hésitez pas à nous donner un aperçu de votre vie de retraité(e) dans l'encadré "commentaires sur l'article" ci-dessous.

À propos de l'auteur : Emeline E.

Rédactrice pour le magazine Quintonic depuis 2020, Emeline E. est spécialisée dans le décryptage des thématiques de société, de droit et de bien-être pour les seniors. Elle a déjà accompagné la communauté à travers plusieurs centaines de dossiers d'actualité pour simplifier leur quotidien.

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