- Quel est le principe de l’association Lire et faire lire ?

« C’est un programme national qui mobilise des gens de plus de 50 ans, avec deux objectifs principaux : le partage du plaisir de la lecture, et le lien entre les générations.

On intervient souvent entre midi et 14 heures, avant ou après la cantine, à 75 % dans les écoles. Mais on peut aussi lire auprès des enfants à l’hôpital, dans les centres de loisirs, dans des crèches… L’idée, c’est de déclencher l’envie de lire chez les élèves, on les stimule et on développe leur imaginaire. »

- Comment se passent les lectures ?

« On lit en général une fois par semaine, à l’intérieur de l’école. En majorité à des CP-CE1, au moment où ils appréhendent la lecture, mais on peut aussi intervenir pour des tout-petits ou des plus grands. Beaucoup moins au collège et au lycée, mais ça arrive et c’est étonnant : les adolescents aiment beaucoup, ils ont l’impression de « retomber en enfance ». »

- Quelles sont les lectures choisies ?

« On ne lit que des livres que l’on aime, pour montrer aux enfants qu’on prend plaisir à les lire. Mais ils sont variés : avec ou sans image, des contes, des livres drôles, des romans… Ce qui compte, c’est de mettre le ton, de rendre le récit vivant.

On dispose par ailleurs d’une liste comportant 25 000 références, mais on se tuyaute aussi auprès des médiathèques — on bénéficie d’une carte qui nous permet d’emprunter gratuitement. Aux nouveaux bénévoles, on communique les listes des titres qui ont déjà bien marché auprès des enfants. »

- Avez-vous des anecdotes particulières suite à ces lectures ?

« Il n’y a pas de moment dont je me souviens plus spécifiquement. C’est chaque fois un véritable bonheur de voir les mines réjouies, tous ces petits groupes qui s’agglutinent autour de nous. On forme une espèce de petite bulle — on installe des tapis et des coussins, certains enfants restent debout, d’autres s’allongent…

C’est un moment de détente et d’échange, complètement différent de ce qui se passe à l’école : les enfants ne nous voient pas comme des professeurs, on n’a pas de contrainte d’apprentissage et on tisse des liens distincts. D’ailleurs ils réagissent souvent, ils se lèvent et donnent leur ressenti lorsqu’ils se reconnaissent dans une situation. »

- Quels conseils donneriez-vous à ceux qui souhaitent se lancer dans l’aventure ?

« Si vous avez plus de 50 ans, que vous aimez les enfants et le partage du plaisir de lire, il vous suffit de vous rendre sur le site de l’association. Vous entrez en contact avec le coordinateur de votre département puis vous avez la possibilité de suivre un lecteur sur une ou deux séances, afin de vous faire votre idée.

- Que vous apporte cette action au quotidien ?

« Ce n’est pas seulement une activité qui permet de pallier le stress de la retraite, on a vraiment l’impression d’apporter quelque chose.

Avant de nous rendre dans les écoles pour participer aux lectures, on bénéficie de formations : sur la lecture à haute voix, la littérature, la poésie, la psychologie des enfants… Parce qu’il faut apprendre à théâtraliser, quand on est en face de groupes de 6 ou 7 enfants, c’est différent que de lire une histoire à son petit-fils ou sa petite-fille. »